Scénarios absurdes

dont un scénario élaboré à l'ADA, Atelier Duchmoll Attitude

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jeudi 26 novembre 2015

les drapeaux


AU PALAIS

- C'est quoi, le problème ? Il y a des milliers de gens qui veulent arborer un drapeau, et ils ne peuvent pas en acheter ?!

- On a été pris de court, monsieur le président, on pouvait pas savoir.

- La politique c'est faire ce qu'on ne peut pas savoir quand on ne le sait pas.

- Oui, président.

- C'est le béaba !

- Oui, monsieur.

- On a combien de chômeurs ?

- Des millions.

- Et il nous faut combien de drapeaux ?

- Nous, on a ce qu'il faut !

- Evidemment, 'bécile ! Je parle des gens ! Des gens qui ont du coeur, et qui veulent en faire des couleurs !!

- Des millions.

- Voilà...

- Des millions de chômeurs, des millions de drapeaux...

- Génial, président ! Un chômeur, un drapeau.

- C'est bon, ça ! Ça claque.

- ...

- Au vent...

- ... le chômage...

- Excusez-moi, mais c'est pas sûr que tous les chômeurs savent coudre.

- Hum...

- Ni qu'ils savent où trouver du tissu.

- C'est pas faux...

- C'est vrai. Ils vont le trouver où, le tissu ?

- En Chine !

- Excellent ! Très bien ! Tant pis pour les chômeurs, ils n'avaient qu'à savoir coudre ! Faites-les fabriquer en Chine. Il nous reste une semaine.


Marie_Lisel__Jacques_Carelman.jpg


EN CHINE

- Pas possible ! On a déjà les drapeaux russes, ukrainiens, irakiens, égyptiens, palestiniens, israëliens, et même taïwanais.

- Taïwanais Made in China, hahahaha !

- Hahahahaha !

- Qu'est-ce qu'on fait avec les Français ?

- On dit oui, mais on sous-traite.

- Où ça ?

- Qui a besoin d'argent d'urgence ?

- Tout le monde.

- Mais plus que tout le monde ?

- Eh bien... non ?!!

- Si !

CHEZ DAESH

- Ô Grand Calife, on a une commande des Chinois pour cent mille drapeaux français. On prend ?

- On prend. L'argent n'a pas d'odeur, surtout quand il n'a plus l'odeur de l'or noir. Faites travailler les Françaises dessus. Ça leur fera des souvenirs...

AU PALAIS

- C'est bon, monsieur le président. Les Chinois se démènent, nous aurons les drapeaux pour le jeudi 26 novembre. Juste la veille, mais on peut prévenir les gens.

- C'est bien, bravo. Encore un coup qui va montrer notre force à Daesh, et que le peuple est derrière nous pour les écraser ! Oui, parfaitement, les écraser.

- Monsieur le président, avec tout mon respect, vous...

- Oui ?

- Vous êtes tellement beau, quand vous dites cela !! Si vous aviez un sein, vous seriez Marianne !


© photo/dessin Marie_Lisel__Jacques_Carelman_

mercredi 22 octobre 2014

Pour rendre la grande musique plus accessible, la télévision décide de commenter désormais les concerts de musique classique en direct.

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- Regardez comme ce délié de la main droite est subtil. Il effleure les touches.

- Oui, très belle contrattaque de la main gauche, en s'aidant de la pédale d'ailleurs.

- Les trompettes volent à son secours.

- Le premier violon semble un peu surpris.

- Le chef aussi ! Ah non, il sourit. C'est ce qu'il voulait. Trop fort.

- Les tambours ne devraient pas tarder à entrer dans la danse.

- Une danse où ils manquent des danseuses !

- Bah, le décolleté de la violoncelliste compense largement.

- On peut le dire.

- On le dit.

- Le pianiste est lui aussi attiré par les profondeurs de cette gorge magnifique.

- Attention, attention, il aurait déjà dû tourner la page de sa partition.

- Voilà, juste à temps, ouf !

- Mais quelle sensualité dans cet arpège.

- C'est un message !!

- La violoncelliste lui sourit.

- Le Chef n'a pas l'air content.

- Il a l'oeil !

- C'est le cas de le dire !

- Ah le hautbois sort du bois.

- Haha, elle me fait toujours rire celle-là.

- Et la flûte se dresse !

- Ce décolleté emporte le concerto ! Quel souffle !

- Tout l'orchestre est maintenant debout pour contempler cette poitrine palpitante.

- Elle a le sein musical, si je puis dire.

- Et même l'autre, haha.

- Plus personne ne regarde le Chef !

- Ils dépassent la mesure.

- Hihi !


concert-en-soliste-4.jpeg


© Partition Piano , partie, violoncelle Concerto, Op.14, Concerto in Forme d'un Concertino pour Violoncelle avec Accompagnement de l'Orchestre ou du Pianoforte, Op.14 > http://www.youscribe.com/catalogue/...

© photo d'Olivia Gay, violoncelliste, en concert > http://www.olivia-gay.com/#/photos/...

in Rubrique A/Z : Scénarios absurdes.

lundi 12 août 2013

Supermarché - Intérieur Jour.


La musique d'ambiance est interrompue par un appel.

HAUT-PARLEUR
(voix douce très féminine)

- Le prince charmant est demandé d'urgence à l'accueil.
Je répète : le prince charmant est demandé de toute
urgence à l'accueil. Sa maman l'attend.


samedi 22 décembre 2012

Conseil de famille

- Alors, mon petit Nicolas, il paraît que tu as dépensé onze millions qui ne sont pas à nous, pour défendre notre famille ?

- Oui.

- Ce n'est pas bien, tu sais. Papa, maman et ton oncle sont obligés de te le dire.

- ...

- Est-ce que tu te rends bien compte de ce que tu as fait ? Que ce n'est vraiment pas bien ? pas bien du tout ?

- Oui.

- Tu veux te racheter aux yeux de tous, et les rembourser ?

- Non.

- Non ?!! Et qui va devoir rembourser ?! Ta famille ?

- Non. Si vous dites que je suis innocent, personne ne devra rembourser.

- Oui, évidemment, on le sait. Mais ce n'est pas bien quand même. Ce n'est pas un exemple pour tes camarades, tu comprends ?

- ...

- Tu le feras encore ?

- Oui.

- Oui ?! Tu ne manques pas de culot !!

- C'est pour aider ma famille que j'aime.

- Hum... Tu as vraiment bon coeur. Et avoir bon coeur, c'est quand même ce qui est le plus important dans la vie d'un honnête homme.

- Et même les autres.

- Hahahaha ! Tu exagères, tu sais ! Un peu de respect pour l'honnêteté, quand même !!

- Oui, c'est vrai, pardon, excusez-moi.

- Hum... Tu es vraiment sûr que tu recommencerais si tu en avais l'occasion ?

- Oui, sûr et certain. Promis.

- Ah la la, la jeunesse ! Quelle audace. Bon, allez, c'est bien, tu es innocent.

- Merci papa, merci maman, merci mon oncle. Je me sens moins seul contre les méchants, maintenant.

- Comme il est gentil.


Lire, entre autres > http://www.rue89.com/rue89-politiqu...

dimanche 6 mai 2012

une soirée électorale palpitante

Alexandre_Rivela__Mon_grenier.jpg

- Il faut saluer le perdant.

- Le "perdant" ! Vous allez un peu vite alors qu'une majorité de Français se sont reconnus dans ses valeurs et non pas dans les vôtres.

- C'est quand même nous qui avons gagné.

- Mais les sondages sur les valeurs disent le contraire.

- Je vous interromps pour que nous saluions Rachida Dati qui vient d'arriver sur le plateau. Enfin, presque. Nous la voyons descendre les escaliers, elle sera bientôt autour de notre table /

- Salut.

- Salut.

- Elle est habillée en noir comme pour un deuil, et avec une voilette mais son rouge à lèvres est très vif, car /

- Claire !

- Oui Roland ?! Roland est en direct de Tulle, c'est lui que nous voyons maintenant à l'écran. Il est jeune, aime les sardines grillées mais a toujours le noeud de cravate de travers.

- Je suis en direct de Tulle. Vous me voyez.

- Oui Roland.

- Je suis dans le couloir. Ah j'entends le bouton de porte s'ouvrir. Vous voyez la porte qui s'ouvre.

- Oui, c'est lui.

- Je me retourne. Ah non ! C'est une fausse alerte !!!

- Et cet homme athlétique habillé d'un trois-pièces, anthracite, c'est qui ?

- Monsieur "entre à cite", vous êtes qui ?

- Ça ne vous regarde pas.

- Ah ?! Je vous imaginais plus jeune.

- Vous avez entendu, Claire ?

- Oui, Roland. Madame Dati a une question pour vous...

- Roland, je peux vous appeler Roland ?

- Oh oui, madame, oui, votre rouge à lèvres est magnifique.

- Surtout avec sa petite voilette, hihi.

- Messieurs, je vous en prie, laissez Madame Dati s'exprimer.

- Roland, pourquoi votre noeud de cravate est-il de travers, et "toujours de travers" paraît-il ?

- Qui a dit cela ?!!!

- Moi.

- Claire, enfin !

- Bon, d'accord, ce n'est pas "toujours"...

- Ce n'est pas toujours quand il n'a pas de cravate, hihi.

- Messieurs !

- Pourquoi vous m'appelez "Messieurs" ? Je n'ai qu'un pantalon, à ce que je sache.

- On est en plein débat vestimentaire.

- Oui, c'est ce qu'attendent de nous les Françaises qui vont faire la fête : "On s'habille comment ?!"

- Eh bien, Roland ?

- Je ne sais pas, enfin, je suis orphelin, alors j'ai appris les noeuds tout seul, mais ce n'est pas terrible.

- Oh, oh !

- C'est une belle métaphore de la casse du système Sarkozy. Les jeunes précaires n'ont pas appris les gestes des anciens, ce que nous allons changer avec notre Contrat Cravate.

- Cravate évidemment masculine. Et la parité, qu'en faites-vous ?

- La parité, c'est la cravate de notaire.

- Madame Dati !!

- Pardon, je voulais dire "cravache de notaire".

- Hihihihi.

- Claire, qu'est-ce qu'elle a dit ?

- Oh je vois la porte qui s'ouvre derrière vous.

- Oh !!! mais non.

- Trop tard, le temps que vous vous retourniez, elle s'est refermée. Soyez plus vigilant, Roland. Peut-être devriez-vous nous tourner le dos pour regarder la porte ?

- Oui Claire, vous avez raison.

- A condition qu'il se tourne la cravate dans le dos, hihi.

- Qu'en pensez-vous, Rachida ?

- Je dois reconnaître que, pour une fois, l'opposition a une bonne idée.

- La majorité !

- Oui, c'est cela, on verra aux législatives, Monsieur le petit blagueur.

- Blague à tabac !!

- N'importe quoi !!

- Mais pas du tout ! Je parle de votre feu président. Tabac, tabac, feu, feu, blague, blague, hihi.

- Désolé, Claire, je quitte ce plateau. Comparer le président toujours en fonction à un pot de tabac, c'est insupportable.

- Hihi, cravate, cravate, et je vous /

- Ah, je vois la porte s'ouvrir. C'est un grand moment. Ah zut, c'est quoi, cette pancarte ?

- "Ne pas déranger jusqu'à demain matin". Et ça ? C'est quoi ce sac ?

- Je ne sais pas. Je peux regarder ?

- Bhein évidemment, vous êtes journaliste, mon vieux.

- Oui, c'est vrai... c'est du linge sale.

- Aïe !

- Oui, je crois que je me suis trompé de porte.

- Hihi.

- Oh oh, trop drôle, je crois que je vais rester, mais je vais enlever ma voilette, j'ai fait mon deuil, j'ai fait mon devoir, la vie continue.

- La vie continue.

- Oui, oui, la vie continue, et les noeuds aussi, hihi.

- Roland ?

- Oui Claire ?

- Essayez plutôt de trouver une moto et une caméra, et de suivre une voiture.

- Une voiture ? n'importe laquelle ?

- De préférence avec un gyrophare, sinon n'importe laquelle. Ça fera de plus belles images qu'un couloir désert, des images pleines de mouvement et de suspens.

- D'accord Claire, à tout de suite.

- Qu'est-ce qu'il est chou !

- Eh oui, la vie continue...


© photo Alexandre Rivela pour Mon grenier est une forteresse imprenable. -- Rubrique A/Z - Scénarios Absurdes

jeudi 2 février 2012

les nouvelles confidences

pigeon_camera.jpg

- David, vous m'entendez ?

- Oui, Brice, vous êtes à l'Antenne.

- Eh bien pour le moment, nous n'avons pas encore eu la confirmation officielle, mais selon nos sources, le possible futur candidat aurait confié hier soir à sa femme sur l'oreiller

- Sur l'oreiller !! C'est une vraie confidence, ça, Brice !!

- Oui, David, c'est du lourd.

- Mais comment vos sources ont-elles pu savoir cela ?

- Ah, David, "Secret de journaleux, secret heureux !"

- Hi, hi... oui, c'est bien vrai. Alors ? racontez-nous ! nos auditeurs n'en peuvent plus d'attendre.

- Eh bien le possible futur candidat qui préfère ne penser qu'à la France pour le moment et à son devoir

- Pas conjugal, rassurez-nous !

- David, enfin ! Vous savez bien que, désormais, le devoir conjugal ne doit plus être un devoir mais un plaisir.

- Oui, c'est vrai, Brice ; d'ailleurs, c'est comme ça que je le vis aussi.

- Oui, David, je sais.

- Vous le savez ? Mais comment ?!!

- Ah, David, bien essayé, mais je protège mes sources mais je peux vous dire que ce sont les mêmes.

- Ah bon ? J'ai l'honneur d'être ressourcé par les mêmes personnes que le le possible futur candidat qu'il faut à la France ?

- Oui, David, "qu'il faut à la France", c'est très bien dit, vous me faites rager, j'aurais aimé avoir cette brillante formule le premier.

- Hi, hi...Merci, Brice. Alors ?! Cette confidence ?!!

- Eh bien le président aurait dit à son épouse : "Hollande a peut-être le c bordé de nouilles, mais moi, je l'ai bordé de tagliatelles fraîches."

- Haha, mais qu'est-ce que le c, Brice ?

- Eh bien nous vous le dirons dans notre prochain reportage, nous attendons l'avis des experts. Ou leurs... confidences !

- Hahaha !! Ah, bravo, Brice, c'est tout à votre honneur d'avoir découvert su découvrir des propos sur l'oreiller aussi secrets qui prouvent que la combativité du président est intacte.

- Oui, David, et son goût pour la cuisine italienne se confirme, ce qui est toujours très bien vu du côté de Palerme.

- Merci Brice. Nos experts commenteront ces nouvelles confidences tout au long de ce week-end.

- Oui, ici, la Cellule Riposte du Château va suivre tout cela avec beaucoup d'attention, et elle fera sans doute plusieurs sondages dans le cul des électrices et électeurs.

- Dans le cul bordé de quoi ?!

- Hahaha... dans le cul bordé de polenta, sans doute.

- Hahaha... bien joué, Brice. Vous êtes un connaisseur !

- Bah, comme le dit l'un des ministres proches du président, "Qui sème le vent, récolte le parfum lavande".

- Hahaha... la ministre à la Famille, aux Amis et à Facebook, sans doute ?

- Qui sait... N'attendez pas de moi ce genre de confidences, David...

- Hahaha, merci Brice.

© photo Chablis

samedi 21 janvier 2012

Allo, les Talibans ?

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- Allo, oui, bonjour madame, c'est le président français à l'appareil. Je voudrais parler à votre chef.

- Vous vous êtes trompé de numéro, vous êtes chez les Talibans ici.

- Mais oui, c'est ce que je veux. Votre grand chef est là ?

- Un instant.

...

- C'est Sarko ?

- Oui, c'est moi.

- Alors, comment ça va les sondages ?

- Bof... ça va, ça vient. De toute façon, moi, je m'en fiche des sondages.

- Ah, eh bien tant mieux, nous aussi. Notez que si vous vous convertissiez, vous auriez toutes les voix des musulmans.

- Vous croyez ? Il faut combien de temps pour se convertir ?

- Ça peut aller très vite. Ça dépend de la vitesse à laquelle vous étudiez le Coran.

- Ah... il faut étudier ?

- Evidemment. Et en arabe, haha.

- Vous savez, je n'ai jamais été très doué pour les langues étrangères.

- Je m'en doute. Il paraît que même la langue française vous est parfois étrangère ?

- Ecoutez, franchement, c'est ridicule. Ecoutez... franchement...

- Princesse de Clèves ! Princesse de Clèves !!

- Oh hé ça va, hein ? Vous l'avez lu, vous ?!

- Oui, à l'Université pour apprendre le français. J'aime beaucoup, c'est très romantique, et la femme connaît son devoir, ce n'est pas un mannequin, et elle ne trompe pas son mari.

- Hahaha, vous êtes drôle !

- Hihi, de toute façon, ce n'est pas pour parler de la princesse de Clèves que vous m'appeliez ? Si ? Que pensez-vous de cette tafiole de Monsieur de Nemours ?

- Ho hé, ça va, hein, c'est un gros bouquin ! Ecoutez mon général, vous êtes bien général, sinon je veux parler au général.

- Hihi... Parle à celui qui t'écoute, mon ami.

- Est-ce que vous pourriez arrêter de tirer sur des soldats français, svp ?

- Ah oui ? Et pourquoi ?

- Parce que quand j'envoie des militaires professionnels quelque part, c'est quand même pas pour qu'ils se fassent tuer.

- C'est ça... c'est seulement pour qu'ils fassent des sondages dans les villages avec leurs chars Dassault ?

- Waf waf waf... Qu'est-ce que vous voulez en échange ?

- En échange de ne plus les descendre pour qu'ils montent au Ciel ?

- Joli, joli... Oui, c'est cela.

- Que vous les retiriez d'Afghanistan.

- C'est tout ?

- Bhein oui. Si vos militaires quittent le champ de bataille, on ne va plus leur tirer dessus.

- Ah ! Donc si on les met tous dans des hôtels à Kaboul, c'est bon aussi ? Ça ferait moins retrait, retrait, capitulation, vous comprenenez ?

- Oui, mais les hôtels, ici, c'est aussi des champs de bataille ! Tout l'Aghanistan, c'est des champs de bataille.

- Aïe ! Ça ne doit pas être facile tous les jours.

- Ça va, ça vient...

- Bon alors, si je les retire tous du pays, vous ne leur tirez plus dessus ? Vous comprenez, moi ce qui m'inquiète c'est d'abord leur sécurité.

- Bhein, évidemment, je comprends cela. Si vous envoyez des militaires armés faire la guerre, c'est pour qu'ils tuent, pas pour qu'ils se fassent tuer.

- C'est tout à fait cela, vous me comprenenez parfaitement.

- Nous c'est pareil.

- Vous allez les retirer ?

- Non, nous on est tristes mais on fait la guerre.

- Ouais, ouais, ouais... Bon de toute façon, si je les retire tous, c'est OK ?

- C'est OK OK. On n'a aucune raison de tirer sur une ambulance.

- Une ambulance ?

- Dans les sondages, héhéhéhé.

Ils raccrochent en même temps.

© photo Chablis

Pour plus d'info, voir http://www.lepost.fr/article/2012/0...

mardi 27 décembre 2011

une visite aux Restos du Coeur

- Alors, comment ça va ? C'est formidable, ce que vous faites.

- Merci, monsieur le Président, mais on a des soucis.

- Oh, oh... Je sais ce que c'est, moi aussi, j'en ai des soucis.

- Comme les entreprises paient de moins en moins leurs salariés, il y en a de plus en plus qui viennent chez nous pour avoir de quoi manger.

- Oui, je le sais bien, les entreprises sont de plus en plus méchantes. Mais c'est à cause des Turcs.

- Des Turcs ?!!

- Oui... Je ne peux pas vous expliquer, c'est de la géostratégie internationale.

- Avec les travailleurs pauvres ?!

- Exactement, cher ami. Les Turcs, ils sont très très méchants. A leur contact, tout le monde devient méchant, y'a qu'à voir : l'Iran, la Syrie, l'Irak, les Russes, les Grecs, et encore bien d'autres. Et ça fait des siècles que ça dure. A l'aube du XXIème siècle, ça doit cesser.

- Absolument, monsieur le Président. En attendant, il nous suffirait de 5 millions d'euros de plus pour donner à manger à tout le monde.

- Suffirait, suffirait... Dites donc, elle est salée, la note, dans vos restos !! 5 millions !! Allez au Ritz, mon vieux, ça ne vous coûtera pas plus de mille euros par personne. Et c'est un maximum.

- Mais oui, mais.

- Mais, mais, mais, faut que je file. On s'appelle et on se fait un Ritz ? Hihi.

NB. Il manque 5 millions aux Restos du Coeur. L'Etat de droite verse chaque jour 120 millions d'intérêts aux riches pour la dette qu'il a creusée essentiellement en leur faveur.

forte hausse du chômage en France

- Mais bon sang ! Pourquoi vous n'avez pas radié ces 29.000 nouveaux chômeurs ? Vous vous rendez compte de l'effet que ça fait, à cinq mois des élections ?!!

- Oui... On en a radié un maximum... Mais ceux-là on n'a pas pu...

- Et pourquoi, je vous prie ?! Vous avez quand même pas mal de moyens ?!!

- Oui, bien sûr, monsieur le Président, mais ces chômeurs-là, ils connaissaient tous les trucs.

- Ah oui ?! Ils connaissaient "tous les trucs" ?! Et comment cela ?!

- Parce que ce sont d'anciens Agents pour l'Emploi... C'est tous ceux que vous aviez fait virer parce qu'ils n'avaient pas radié assez de chômeurs les mois précédents.

- Hum... Vous êtes malin, vous, hein ? Je ne peux plus vous virer, maintenant.

- C'est-à-dire que si vous virez tous les Agents, il n'y aura plus personne pour radier... "les autres".

- Ouais, ouais... Bon. C'est bon pour une fois. Songez que vous avez l'économie du pays entre les mains.

- Merci, monsieur le Président, nous sommes bien conscients de l'importance de l'économie à vos yeux.

- Allez, mon vieux, courage. Travaillez plus si vous ne voulez pas gagner moins. Si je ne suis pas réélu, vous pensez bien que vous perdrez votre place de grand chef et votre salaire en or...

- Merci, monsieur le Président, je suis vraiment bien conscient de l'importance de l'économie à vos yeux.

jeudi 29 juillet 2010

la Terre écoutée du ciel

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Le ministre soupçonné d'innocence, déclare :

- Je suis serein. La Justice n'est pas de ce monde.

© photo wiki Ki

mercredi 24 février 2010

les ressorts de la sécurité

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- Vous avez vu ?!
"Toute personne prise en flagrant délit
sera arrêtée et conduite en garde à vue."

- En flagrant délit de quoi ?

- En flagrant délit, mademoiselle. En flagrant délit, sans doute.

- (riant) Oui, mais délit de quoi ?

- Je ne sais pas. (soudain irrité) Vous m'embarrassez, je ne sais pas ! D'ailleurs je n'ai pas à répondre à vos questions.

- Ah bon ?! Mais, c'est quand même vous qui m'avez abordée !
(un temps) Ce n'est pas une coquille ? Ce n'est pas "flagrant délire" qu'ils voulaient écrire ? Qu'en pensez-vous ?

- Vos papiers, s'il vous plaît.

- Quoi ?!

- Vous êtes en état d'arrestation.

- Quoi ?!! Mais pourquoi ?!!

- Vous posez beaucoup trop de questions. Les gens qui n'ont rien à se reprocher ne posent pas de questions.

- Ah ça c'est la meilleure ?! Arrestation. Vous n'avez pas même pas d'uniforme. Vous êtes fou.

- Et en plus, outrage à agent. Vous en avez au moins pour 48 h. Je ne délire jamais, moi, mademoiselle. Je suis sérieux. La police de détection des fauteurs de trouble opère en civil. Allons-y. Vous serez contente. Les gardes à vue sont propices aux questions. A soi-même. (un temps) Hé, hé, vous l'avez, votre flagrant délit.

© photo Ki Duchmoll

mardi 2 février 2010

humour noir

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- Voulez-vous un thé ?

- Oui.

- Avec du sucre ?

- Oui.

- Avec du lait ?

- Oui.

- Avec du citron ?

- Oui.

- Avec... de la grenadine ?

- Oui.

- Vous dites toujours oui ?

- Oui.

- Voudriez-vous... vous déshabiller ?

- Oui.

- Complètement ?!

- Oui.

- Vous êtes magnifique. Voudriez-vous... vous me comprenez...

- Oui.

- mmm... mmm... oui, oui... mmm... aaaah... ouiiiii... Vous êtes incroyable...

- Oui.

- Pourtant, vous êtes riche, très très riche... Voudriez-vous me léguer votre fortune ?

- Oui.

- Maintenant ?

- Oui.

- Vous voulez bien signer les papiers maintenant ?

- Oui.

- Les voici. Vous me stupéfiez, vous allez vraiment les signer ?

- Oui.

- Eh bien bravo ! Voulez-vous venir avec moi ?

- Oui.

- Vous voyez, nous sommes au troisème étage. Voudriez-vous vous jeter par cette fenêtre ?

- Oui.

(bruit de chute, cri, choc du corps contre le sol)

- Je suis toujours un peu surpris par ces personnes
qui positivent tout avec une telle confiance en l'avenir.

© Oliver Degabriele

mercredi 11 novembre 2009

la Terre écoutée du ciel

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- C'était le 9.

- C'est impossible, le 9, j'étais là.

- Moi aussi, j'étais là.

- Et tu l'as vu ?

- Non.

- Mais alors, pourquoi tu dis que tu étais là ?

- Parce que j'y étais.

- Franchement intéressant, merci.

- Il a raison. S'il était là, le 9, pourquoi il ne le dirait pas ?

- OK, mais ce n'est pas l'objet de la réunion. Qui l'a vu le 9 ?

- Moi il me semble, mais c'était peut-être le 10.

- Ou le 11 ?

- Ou le 11.

- Tu pourrais être plus précis ? ça nous aiderait.

- Excuse-moi, mais me rappeler ce que j'ai fait tel jour, il y a vingt ans, c'est pas évident.

- Ouais... qu'est-ce que tu as fait, toi, le 9 septembre 1999 ?

- Qu'est-ce que je sais, moi ! C'est pas une date historique. Pourquoi on s'en rappellerait ?

- Ah ! C'est pas une date historique ? le 9 du 9 de 1999 ?

- Il n'y en a pas beaucoup, des dates comme ça.

- Voilà, je me rappelle : je l'ai vu ce jour-là.

- Ah, très bien. Lequel ?

- Le 9 du 9 de 1999 !

- Ah, ah, ah, ah, ah, ah...

- Putain, ce que t'es con !

- Et moi, je l'ai vu le 17 !

- Ah, ah, ah, ah...

- Et moi le 9, mais du mois suivant...

- Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah...

- Ah, ah, ah, ah, ah, ah... putain ! arrête, j'en peux plus.

- Moi, j'ai une idée.

- Ça promet...

- Faites gaffe...

- On n'a qu'à dire qu'on l'a tous vu, tous les jours.

silence

- Génial !

- Formidable !

- Excellente idée.

- Mais la Presse, qu'est-ce qu'elle va dire ?!

- On s'en fout de la Presse. Tu sais ce qu'elle a dit, Lolo, au JT ?

- Vas'y.

- Putain ! Il a le temps de regarder la télé, lui. Et Lolo, en plus.

- Elle a dit qu'il était à Berlin le 9 puisque Fillon l'avait dit,
et même que Fillon l'avait vu casser le mur.

- Il contredit les autres témoins !

- Ou c'est Lolo qui invente...

- Ou il a fait cela en cachette, rien que pour Fillon.

- Hi, hi, hi.

- Oh, oh ! mais pourquoi pas ?! Lui, il peut faire tout tout seul.

- C'est ce qu'il a dit l'autre jour :
Les réformes, c'est casser des murs.

- Hi, hi, hi.

- Arrête ! Bon, je vous propose ceci comme déclaration : Nous l'avons tous vu à Berlin, en octobre, novembre et décembre, tous les jours, et trois fois par jour. En octobre, parce qu'il avait senti que quelque chose allait se passer ; en novembre pour casser... Tais-toi !!!

- Hi, hi, hi. "Casse-toi toi-même..."

- en novembre pour casser, en décembre, pour finir le boulot. Parce que, évidemment, il a abattu tout le mur tout seul.

- Très bien.

- Excellent.

- Ça va lui plaire.

- C'est très bon pour son image.

- Très bien tournée ta phrase.

- Ça va aussi plaire à sa femme...

- Hi, hi, hi...

© photo @wiki Ki

jeudi 29 octobre 2009

scoop au Palais : la vérité toute nue est sous la douche

Philippe Séguin a confirmé une partie des chiffres qui avaient scandalisé le député apparenté socialiste. Le dîner des chefs d'Etat de l'Union pour la Méditerranée, aménagements du Petit Palais compris, a bel et bien coûté "un total de 1 072 437 euros pour 200 personnes, soit 5 362 euros par invité". Par contre,
les 245 000 euros incriminés n'ont pas servi à la seule douche destinée à Nicolas Sarkozy au Grand Palais, non plus qu'ils ont suffi à aménager l'ensemble du lieu comme l'a laissé entendre le ministre du budget Eric Woerth : ils ont servi à "une zone de rencontres", avec douches attenantes qu'il juge "absurdes".
© Le Monde du 29 octobre 2009.

INTERVIEW À TRÈS, TRÈS, TRÈS HAUT NIVEAU...

- Monsieur le président, pouvez-vous, vous aussi, confirmer ces chiffres ?

- Bien sûr. Je dis toujours la vérité.

- Et ?

- La vérité, rien que la vérité.

- Vous confirmez alors ?

- Mais évidemment. Je con-fir-me dire, toujours, la vérité, quand je dis la vérité.

- Hum... hum... Et les chiffres ?

- Je ne mentirai pas.

- Est-ce vrai que vous vous êtes fait construire une douche que vous n'avez pas utilisée ?

- Mais pourquoi vous mentirais-je ?

- Pas de douche ?

- La vérité est éternelle. Ce n'est pas une question de douche ou de baignoire. Heureusement ! sans quoi, serait-ce encore la vérité ?

- Hum... hum... 5.362 euros par invité, n'est-ce pas beaucoup ?

- Vous savez, la vérité, ce n'est pas donné.

- Hum... hum... Et maintenant, quels sont vos projets pour la France ?

- Eradiquer le mensonge, en commençant par mon entourage, puis la droite, puis les millardaires, puis Obama, car il faut toujours dire la vérité, toujours.

- Oui, mais à quel sujet ?

- Mais sur tout ! sur toute la vérité ! Pourquoi y aurait-il des domaines dans lesquels on pourrait mentir aux Français ?!!

- Hum... c'est vrai...

- Ah, vous voyez ! Vous aussi, vous y venez. La vraie vérité est contagieuse. Elle fait tache d'huile, mais c'est une huile sanctifiée, sainte, essentielle. C'est ça qui est important. Les gens en ont assez des mensonges politiques, ils sont écoeurés, et je les comprends. On leur a tellement menti ! Ce n'est plus possible, vous comprenez, plus pos-si-ble !

- Hum... monsieur le président, puis-je conclure cette interview historique avec une question, disons, un peu plus personnelle, mais que tous les Français se posent, et surtout les Françaises, bien sûr...

- Quand je dis que je ne vais pas mentir aux Français, cela inclut les Françaises, évidemment !

- Oui !! Est-il vrai que vous avez été l'amant de la Princesse de Clèves ?

- Je ne vous mentirai pas, mais cette histoire est finie depuis longtemps ; elle a essayé de revenir, mais je lui ai dit la vérité.

- Merci, monsieur le président, pour votre magnifique franchise, si rare en politique.

- Et merci à vous pour votre pugnacité, même si cela ne m'a pas rendu la tâche facile.

- Merci aussi. La vérité toute nue est sous la douche, hi, hi !

- Hi, hi, hi.

Propos recueillis par l'Agence Mondiale Duchmoll, Versailles.

© cliquer ici pour l'article complet du Monde du 29 octobre 2009

dimanche 25 octobre 2009

la Terre écoutée du ciel

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- Alors, qu'est-ce que je fais pour la présidence de la Défense ?

- On a dit qu'on ne parlait pas de ça. C'est à toi de prendre tout seul la décision de renoncer.

- Ah... mais je l'avais déjà prise.

- Très bien. Ça ne me concerne pas. D'autant plus que, ce soir, je te vois en tant que père, pas en tant que président.

- On ne parle pas de politique, alors ?

- Non.

- On parle de quoi ?

- Ça s'est bien passé à l'école ? Qu'est-ce que tu as fait, aujourd'hui ?

- Oh, je me suis encore disputé avec Charles-René. Il copie tout sur moi, j'en ai marre, je vais le dire à la maîtresse.

- Il y en a qui exagère, vraiment ! Copier les autres ! Tu as bien raison, Louis. Parles-en à ta maîtresse. Sinon, j'irai lui dire deux mots.

- Merci papa.

- Merci mon fils.

- Ne me copie pas, papa.

- Hi, hi, hi.

- Hi, hi.

© photo commons.wiki/trekky0623 & cercles Ki

samedi 24 octobre 2009

la Terre écoutée du ciel

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- Si nous luttons en Afghanistan, c'est pour instaurer une véritable démocratie et restaurer les libertés fondamentales.

- Vous voulez délivrer et sauver les Afghans ?

- Exactement. Mais je vous vois venir. Vous allez me demander pourquoi j'expulse des Aghans, pour les renvoyer dans leur pays où ils risquent de mourir dans les prochaines semaines.

- En effet.

- Et que répondriez-vous à cela ?

- Si je n'avais pas la langue de bois, je dirais que nous luttons en Afghanistan pour faire prospérer les industries de l'armement et pour restaurer les pipe-lines.

- Pas du tout, monsieur. Nous nous moquons bien des armes et des pipe-lines. Nous luttons pour sauver les vraies valeurs, les Droits de l'Homme et les Afghans. Mais si tous les Afghans se sauvent de leur pays, comment pourrions-nous les sauver ?

- Je comprends. J'espère qu'un jour quelqu'un viendra vous sauver, vous... hi, hi.

- Ça voudrait dire qu'on m'aurait expulsé de quelque part, mais comme je prends bien soin de ne jamais aller à l'étranger... hi, hi, hi.

© photo wiki Ki

la Terre écoutée du ciel

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- Papa, ce soir, il paraît qu'il y a un documentaire terrible sur les déchets d'ordinateurs au Ghana ; 50 millions d'ordinateurs par an polluent les fleuves, les lacs, la terre...

- T'as jeté ton ordinateur au Ghana, toi ?

- Bhein non.

- Et tu sais où c'est, le Ghana ?

- En Afrique.

- Evidemment, Ghana, c'est pas un nom français.
Et où, en Afrique ?

- Je ne sais pas.

- Alors, à quoi ça sert de regarder ce documentaire ?

- A savoir, à dire, à prendre conscience !!

- Ç'est ça... Si dire servait à quelque chose,
il y a longtemps que ta mère se serait remise à parler.

© photo wiki Ki

ARTE

samedi 24 octobre 2009,
de 19:00 à 19:45

Ghana : le cimetière digital
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C’est l’une des poubelles du monde occidental. Le Ghana reçoit chaque année des millions de tonnes de déchets électroniques. Ordinateurs, frigidaires ou TV, l’Europe et les Etats-Unis recyclent à bon prix grâce aux pays africains.

Dans la décharge d’Agbogbloshie, les jeunes vivent dans les fumées toxiques. Un trafic illégal de déchets, aux conséquences dramatiques sur l’environnement et la santé. 
Des cargos arrivent des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d’Allemagne ou des Pays-Bas.

Dans leurs ventres, les « e-waste » ou déchets électroniques. Le port de Tema, au Ghana, ressemble à un catalogue Hi-Fi vieux de quelques années. Il ne manque rien : PC, télévisions obsolètes, réfrigérateurs ou batteries. 


Dans une opacité quasi-totale, des millions de tonnes de matériel sont transportées dans la déchetterie d’Agbogbloshie en périphérie d’Accra. Là, les jeunes désossent et brûlent nos vieux ordinateurs pour en extraire le cuivre ou l’aluminium.

Un désastre humain et écologique. Dans les vapeurs de mercure, de plomb, de plastique, les travailleurs s’intoxiquent. La terre et l’eau affichent des taux de pollution record. 
Officiellement, l’OCDE s’est engagée à ce que les déchets ne soient plus exportés à destination des pays émergents.

Pour autant, ce trafic prospère. Il fait le bonheur d’hommes d’affaires à Accra. A l’autre bout de la chaîne, le petit peuple de la décharge reçoit au mieux deux dollars pour cinq kilos de métal récupérés. 


Ghana, le cimetière digital, est aussi le lieu de rendez-vous des cybercriminels. Les stocks d’ordinateurs en provenance des pays riches sont passés au crible pour récupérer données personnelles et numéros de compte….

France, 2008, 43'.

Rediffusions :
lundi 26 octobre 2009 à 06:45

samedi 31 octobre 2009 à 06:00


Chaque samedi, un grand reportage présenté en alternance
par Nathalie Georges et Andrea Fies.

© http://www.arte.tv/fr/programmes/242,dayPeriod=evening.html

mardi 20 octobre 2009

la Terre écoutée du ciel

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- Putain ! Mais avance, connard !!

- Calme-toi, mon chéri, il n'a que deux mètres devant lui !

- Ouais, c'est ça, deux mètres. Si t'avais pas mis autant de temps, on ne serait pas dans les bouchons.

- Evidemment, c'est de ma faute... Avec toi, l'idéal, ce serait de partir dans la nuit de samedi et de revenir le dimanche matin.

- Voilà ! Exactement ! Mais avance, putain !!

- Mais il n'y a que deux mètres !! Et il nous reste vingt kilomètres jusqu'à Paris ! Qu'est-ce que tu veux faire avec deux mètres ?!!

- Oh, t'es lourde, hein. Réfléchis un peu, quoi ?! Je croyais que les féministes vous avaient apporté des neurones.

- Il y a longtemps que tu ne l'avais plus dite, celle-là. Traiter les gens de connard, c'est une preuve d'intelligence ?

- Bhein non... T'as raison... C'est pas un connard, c'est une connasse ! Regarde, elle se tourne, elle a les cheveux courts, cette pétasse.

- ...

- Ah, ah, on ne dit plus rien, maintenant !!

- Et je jure de me taire jusqu'à la fin de ma vie.

- Ouais. Tu me l'as déjà dite, celle-là. Mais regarde-moi toute cette fumée qui pollue, tous ces connards qui n'avancent pas, ça me troue la couche d'ozone. Et, alors, la connasse, on se pétasse un peu plus vite ?

- Mais il n'y a que deux mètres !! Deux mètres !! Deux !!

- Ah ? T'es déjà parjure ?!

- ...

- Mais oui, évidemment, il n'y a que deux mètres ! Mais si un petit futé de la file de gauche s'y met ? Hein ? Qu'est-ce qu'on fait ?

- On attend.

- C'est ça ! On attend !!! Alors, excuse-moi, mais, justement, on a vingt kilomètres jusqu'à Paris. Alors s'il y a dix mille voitures qui s'y mettent, ça fait dix mille mètres fois deux, ça fait vingt mille mètres. Et vingt mille mètres, excuse-moi, ça fait exactement vingt kilomètres !! Et nous ? Eh bien nous, on n'avance plus ! Fini !! Coincés ici.

- Ah oui ! Mais c'est vrai, tu as raison, mon chéri, excuse-moi, tu réfléchis, toi. Alors, tu avances, connasse ??!!

- Hi, hi, hi.

- Hi, hi.

© photo Trekky & cercles Ki

jeudi 8 octobre 2009

porcelaines

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Téléphone, télémarketing.
Un homme reçoit chez lui l'appel d'une jeune fille.

- Allo ?

- Bonjour monsieur, je suis Brigitte Sauvagnole de la société ffehepamsdoiurddffftt (inaudible). Vous êtes bien monsieur Maillot ?

- Euh... non.

- Ah. Vous voulez bien me le passer ?

- C'est malheureusement impossible.

- Il n'est pas là ? Quand rentrera-t-il ?

- Il est mort.

- Oh, je suis désolée.

- La semaine dernière.

- Oh, vraiment, monsieur, je suis navrée.

- Oui, nous aussi, nous l'aimions beaucoup.

- C'était votre père ?

- Non, mademoiselle, mon fils.

- Oh mon Dieu, c'est terrible !

- Oui, c'est vrai, mademoiselle, c'est terrible. C'est toujours plus dur de perdre un enfant qu'un parent, enfin, c'est toujours dur de perdre quelqu'un, et même de perdre, si on y réfléchit bien...

- Oui, monsieur, c'est exact, perdre quelqu'un n'est pas une sinécure.
(un temps)
Il avait quel âge ?

- Vingt ans, mademoiselle, vingt ans. Le plus bel âge pour un jeune.

- C'est terrible, monsieur, vraiment, c'est horrible.
(un temps)
C'est arrivé comment ?

- Un accident, stupide évidemment. Il s'est fait renverser par une vache.

- Une vache ?

- Oui, en moto. La semaine dernière. Nous l'avons enterré avant-hier.

- Mes sincères condoléances, monsieur.

- Merci, mademoiselle, vous êtes très gentille. Ça me touche beaucoup.

- Je vous en prie, c'est bien normal.

- Nous l'aimions tellement.

- ...

- Mais pourquoi l'appeliez-vous ? Vous le connaissiez ? Ça doit être un choc pour vous aussi.

- Euh... non... Je ne le connaissais pas personnellement. Je voulais lui faire une offre.

- Ah, et quoi donc ?

- Oh, ce n'est rien, monsieur, ce n'est plus de circonstance.

- Si, si, dites. La meilleure preuve d'amour que nous avons, c'est que la vie continue.

- Vous croyez ?

- Mais oui ! Et moi aussi ça pourrait m'intéresser.

- Eh bien... c'est de la porcelaine.

- De la porcelaine ???!!!!!!!

- Oui, vous voyez, ce n'est rien.

- Mais si ! C'est de la porcelaine ! De la porcelaine d'où ?!

- ... de Limoges.

- DE LIMOGES !!!! PUTAIN !!! DE LIMOGES ??!!

- Euh, oui.

- MAIS MONSIEUR MAILLOT ÉTAIT PASSIONNÉ PAR LA PORCELAINE DE LIMOGES !

- Ah.

- Quel dommage que vous ne l'ayez pas appelé plus tôt. La porcelaine de Limoges, C'ETAIT TOUTE SA VIE, PUTAIN !!! ENCORE PLUS QUE LA MOTO !!

- Ah bon.

- Mais pourquoi vous ne l'avez pas appelé il y a quinze jours, BORDEL ! Il ne serait pas mort !!

- Euh, excusez-moi, mais je...

- Vous ne comprenez pas, évidemment, vous ne comprenez pas. Mais c'était mon fils, bordel !!!

- Mais.

- Si vous l'aviez appelé il y a quinze jours, il vous aurait commandé, et il aurait attendu la livraison à la maison avec sa collection plutôt que d'aller passer le temps sur sa moto ! Et il n'aurait pas rencontré LA VACHE !!

- Je suis vraiment désolée. Je comprends.

- Vous n'avez pas d'enfant, sans doute ?

- Non...

- Mais quoi ?

- Ma mère en a.

- Eh bien, j'espère que vous ne la ferez pas souffrir autant que moi.

- Vous êtes très sensible.

- Tout le monde est sensible à la souffrance.

- Oui, c'est vrai ; moi, je suis obligée de m'endurcir. Dans ce métier, monsieur, on rencontre tellement de détresse, quelquefois.

- Ecoutez, mademoiselle, je pense que vous êtes quand même une belle personne.

- Merci, monsieur. C'est encourageant.

- Voudriez-vous nous soulager, nous, dans notre détresse ?

- Bien sûr, monsieur, si je peux.

- Vous êtes vraiment très gentille. Voudriez-vous nous racheter notre porcelaine de Limoges ?

- Malheureusement, c'est impossible, monsieur.

- Pourquoi ?

- Je n'ai pas de moto.

Elle raccroche.

Surpris, il regarde le combiné et dit :

- Ce n'est pas drôle.

FIN

© Photo audierne.info.vaches_beuzec © texte des adadaïstes Duchmoll de l'ADA da ; ce 1 octobre 2009 : Alexis, Florence, Philippe. Cliquer ici pour découvrir les méthodes de création des adadaïstes Duchmoll en ADA da.

jeudi 7 août 2008

Au Paradis du Travail

Une comédie sociale, absurde mais noire, de Philippe Dohy.

Cliquer ici. La première page est non pertinente mais installée automatiquement par le logiciel de scénario, un peu absurde.

Au Paradis du Travail

Attention, ce scénario, qui peut aussi faire l'objet d'une pièce de théâtre, a déjà été produit et diffusé. Il n'est pas libre de droits et appartient au catalogue de la SACD. Pour tout projet de production, professionnel ou amateur, veuillez vous adresser à la SACD de Paris ou à l'agent de l'auteur (coordonnées au début du texte).

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