Féminismes, Femen

Nouvelle Rubrique A/Z, créée le 13 février 2013.

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mercredi 27 mai 2015

Célimène et le Cardinal


SCOOP

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ROME, 27 MAI 2005 14:53 - Les Femen se mêlent du corps de l'Eglise en interdisant désormais aux prêtres de ne pas faire l'amour moins d'une fois par jour avec une ou plusieurs adultes. Les vieux cardinaux manifestent en criant :

"MON CORPS EST A MOI",

"PAS TOUCHE A MON KIKI",

"MON ZOB N'EST PAS A VENDRE"...

et enfin, le plus dur, le plus lourd, le terrible "NON A L'AMOUR !"

Suite et source > clic > https://www.facebook.com/docteurduc...

© une photo de Célimène

dimanche 3 mai 2015

Little Princesse


Comme diraient ces jeunes princesses de la vidéo ci-dessous dans le cadre d'une campagne pour l'égalité salariale :
 "What the f... ?" ("C'est quoi, ce bordel ?")


Little Princesse, Little Big Women :-)

  
© france info

mardi 25 mars 2014

libre penseuse

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© Aaron Courter, via Yvanne Trouillet & Colette Defraire, fb.

mardi 4 mars 2014

Ventre des femmes, ventre des lettres.

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De "bruyantes bimbos bombasses" ?

Je n'essaie pas de vous convaincre de devenir femenistes ou féministes, ce serait stupide. C'est un engagement de conscience, réflexion et maturation que nul ne peut vous imposer sous peine que sa durée en soit fort courte.

Mais comme à bon nombre de gens, ce mouvement me semblait bruyant et bimbo bibelot, jusqu'à ce que je lise l'excellent livre de Galia Ackerman, Femen, ouvrage captivant et très bien écrit ; avec, par exemple, une variation subtile de l'écriture pour chacune des quatre fondatrices).

J'ai découvert qu'il ne s'agissait pas du tout d'exploiteuses médiatiques à des fins de peoplisation personnelle de petite gloire provisoire comme le laissait entendre les médias émoustillés.

Comme c'est un sujet que je connais maintenant un peu plus, je perçois davantage la forte distorsion entre ce qu'en rapporte la majorité de journaleux excités par des nichons nus, ne présentant d'ailleurs, sauf rare exception, que les plus jolis, et la réalité de leur combat très politisé, lucide, pas écervelé.

Il me semble intéressant de souligner ce grand écart entre les faits, les protagonistes, leur réflexion au travail, et cette sélection formatée qu'en donne "la presse". Car cela montre aussi le peu d'éthique professionnelle, forcément à l'oeuvre pour les autres sujets, des journaleux au détriment du public mais aussi des vrais journalistes dont ils ne cessent de ternir la réputation et le métier.

Au départ, les quatre futures Femen étaient des étudiantes tout à fait "normales", pas plus politisées que tous les jeunes ayant grandi dans le système soviétique finissant. Elles avaient environ cinq ans à l'effondrement du mur.

A l'université, devenue très chère suite à la libéralisation de l'enseignement mais aussi à cause de la corruption (bourses attribuées aux enfants d'oligarques !), elles se sont rendues compte que leurs études n'étaient que le prétexte pour "trouver un bon mari" car les opportunités professionnelles réelles pour les filles de condition modeste étaient fort rares ; sauf à devenir putain pour touriste.

Les Femen ont approfondi leur réflexion politique et féministe, d'abord sans toutes se connaître. Elles peinaient à rassembler et motiver leurs camarades étudiantes qui craignaient de déplaire aux possibles mâles avantageux et charmants, n'est-ce pas ?

Elles essayèrent alors de petites scènes publiques avec de brèves interventions théoriques. Rien n'intéressa personne.

C'est alors que l'une d'entre elles eut l'idée de se produire seins nus. Les médias accoururent alors, seulement, et le succès fit le reste. La seule manière de faire découvrir leurs objectifs et analyses étant de les résumer d'abord sur leur buste et leur ventre.

Ventre des femmes, ventre des lettres.

Philippe Dohy

Lire les réponses très intelligentes de Galia Ackerman à 5 questions sur son livre Femen. > http://www.perspectives-ukrainienne...

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dimanche 20 octobre 2013

Conseils aux violeurs par Inna Schevchenko.

Après les conseils aux filles par Manuel Valls...
les conseils aux violeurs par Inna Schevchenko.

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En raison de leur sexe et de leur psychologie,
les violeurs sont parfois victimes
de pulsions particulières.

Petit manuel à leur attention
pour éviter les déconvenues.

Lorsque vous êtes chez vous...

Assurez-vous que toutes les issues sont soigneusement fermées. Équipez vos fenêtres de volets et de rideaux, et utilisez-les afin d'éviter toute tentation provoquée par d'éventuelles passantes aguicheuses dans la rue ; ou, pire : des voisines d'en face à la conduite indécente.

Laissez apparaître sur votre boîte aux lettres, votre porte ou la liste des occupants, votre condition de violeur. Cela permettra aux femmes d'éviter d'aller à votre contact et de vous provoquer.

Essayez de rester cloisonné un maximum dans votre appartement sans fenêtres afin d'éviter tout contact avec tout ce qui pourrait comporter : nichons, cul, chatte. Optez pour les courses en ligne et un travail à domicile.

En cas d'envie pressante, n'hésitez pas à faire usage de votre main (voire de vos deux mains). Vous pouvez également faire usage de lubrifiant et de mouchoirs si nécessaire. Pour plus d'informations sur la masturbation, cliquez ici..

Lorsque vous sortez...

Évitez les lieux peuplés, le métro, le bus, les cafés, les rues marchandes, bref, tout lieu où vous seriez susceptible de croiser une femme.

En cas d'obligation de présence dans un lieu de forte affluence, nous vous conseillons le port d'œillères, voire d'un bandana sur les yeux pour les violeurs les plus avancés. Vous pouvez, afin de circuler plus facilement, vous munir d'une canne pour non-voyants.

En cas de pulsion accompagnée d'une érection, pensez très fort à quelque chose qui puisse vous dégoûter : vos parents ou grands-parents en string léopard, la dernière fois que vous avez eu la diarrhée, Miley Cyrus aux VMA's... Faites preuve d'imagination.

Si rien n'y fait, n'hésitez pas, afin de prévenir le danger, à crier "BAISER, BAISER, BAISER", et à vous rendre au poste de police le plus proche.

Nous espérons que ces conseils aideront les nombreux violeurs, victimes de la débauche et de la provocation constante des femmes - qui n'hésitent pas à vivre seule, à découvrir leurs jambes et à oser circuler librement dans la rue.

Violeur, nous te soutenons.

Inna Schevchenko,
cofondatrice des Femen.

© photo Jacob Khrist

©lic > http://www.huffingtonpost.fr/inna-s...

vendredi 18 octobre 2013

conseils de Manuel à Leonarda

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Sur le site gouvernemental, ce 17 octobre 2013 :
in "Lutte contre les violences faites aux femmes."

© photo Jacob Khrist & Femen France, fb.

Infos, clic >
http://www.lesechos.fr/economie-pol...
& Réseau Education Sans Frontières > http://blogs.mediapart.fr/blog/resf...

jeudi 19 septembre 2013

1790 - Discours sur l'injustice des Lois en faveur des hommes, aux dépends des Femmes.

Texte présenté par Marcel Zang, écrivain de théâtre.

"Il me démangeait de faire découvrir ce texte d’Etta-Palm d’Aelders à ceux qui ne le connaissent pas.

Depuis "La femme eunuque" de Germaine Greer (...) je n'avais plus lu de plaidoyer aussi pertinent, émouvant et doux pour la cause des femmes.

Un beau texte, assurément. Tout y est dit.

C'est le Discours sur l'injustice des Lois en faveur des hommes, aux dépends des Femmes, lu à l'Assemblée Fédérative des Amis de la Vérité, le 30 septembre 1790, par Etta-Palm née d'Aelders, Hollandaise ; et lu le 25 mai 1791 au Club des Amis de la Liberté.


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Extrait

Appel aux Françoises sur la régénération des moeurs,
et nécessité de l'influence des femmes dans un gouvernement libre.

"La justice doit être la première vertu des hommes libres, et la justice demande que les lois soient communes à tous les êtres, comme l'air et le soleil ; et cependant partout, les lois sont en faveur des hommes, aux dépends des femmes, partout le pouvoir est en vos mains.

Quoi ! Des hommes libres, un peuple éclairé consacreraient-ils, dans un siècle de lumière et de philosophie ce qui a été l'abus de la force dans un siècle d'ignorance ?

Soyez justes envers nous, Messieurs, vous que la nature créa bien supérieurs en forces physiques, vous avez gardé pour vous toute la facilité du vice, tandis que nous, qui avons une existence si fragile, dont la somme des maux est énorme, vous nous avez donné toute la difficulté de la vertu en partage ; et cette formation délicate de la nature a gravé plus profondément votre injustice, puisqu'au lieu d'y suppléer par l'éducation et par des lois en notre faveur, il semble que l'on nous forme uniquement pour vos plaisirs, tandis qu'il serait si doux, si facile, de nous associer à votre gloire !

Les préjugés dont on a environné notre sexe, appuyés sur des lois injustes, qui ne nous accordent qu'une existence secondaire dans la société, et nous forcent souvent à l'humiliante nécessité de vaincre l'acariâtre ou féroce caractère d'un homme, qui, par la cupidité de nos proches, étant devenu notre maître, a fait changer pour nous le plus saint des devoirs, celui d'épouse et de mère, dans un pénible et affreux esclavage.

Oui, Messieurs, rien de plus humiliant que d’exiger comme un droit, ce qu’il serait glorieux d’obtenir par son choix ; de surprendre, par adresse, ce qu’il est si doux de ne devoir qu’au sentiment ; d’acquérir votre cœur, votre main, l’association d’un compagnon de la vie, d’un autre nous-même, par ce qui n’est pas nous, par une soumission aveugle aux volontés de nos parents, et faire une étude particulière de la coquetterie, pour adoucir notre captivité ; car, il faut le dire, M.M. ce sont le plus souvent des minauderies, des petits riens, l’attirail de la toilette, j’ai presque dit des vices mêmes, qui nous obtiennent vos suffrages et la préférence sur une âme élevée, un vaste génie, un cœur vraiment sensible, mais délicat et vertueux. "

Texte complet

clic > Discours sur l'injustice des Lois en faveur des hommes,
aux dépends des Femmes

© discours publié par la Confédération des amis de la Vérité, Paris 1791.

dimanche 15 septembre 2013

femme au foyer, femme limitée

Elle est tellement propre et pure,
qu'elle passe l'aspirateur
même dans le jardin.

jeudi 12 septembre 2013

Vie à Venise.

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Là où les Femen passent,
les photographes se massent.

© Mann Duchmoll ; photo femen.org

vendredi 6 septembre 2013

dove la mostra si vede

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A la Mostra de Venise.

© photo femen.org

samedi 20 juillet 2013

Amina : « Je suis libre ».

La militante Femen tunisienne Amina Sbouï lors de son procès en appel, le 4 juillet 2013. (TwitterLe Nouvel Observateur)



« Je n'ai pas peur...

Que je sois gardée en prison pour longtemps cela ne m'importe pas.

Je ne suis pas folle, je suis libre.

Je suis derrière les barreaux mais je me sens plus libre que beaucoup de gens qui sont à l’extérieur.

Être derrière les barreaux n'est pas plus dur que d’être à l’extérieur à regarder la dictature religieuse s'emparer de la Tunisie 
».



Voici le message adressé aux Tunisiens, par la militante Femen, Amina Sboui, actuellement emprisonnée après avoir tagué le mur d’un cimetière à Kairouan. Le message a été transmis à l’opinion publique via son avocat Maître Ghazi Mrabet.

Cette profession de liberté d’Amina intervient à un moment où ses principaux supporteurs dénoncent un acharnement judiciaire. De nouvelles plaintes qui émanent de l’administration pénitentiaire la visent, pour agression d’un fonctionnaire et atteinte aux bonnes mœurs.

Rappelons que deux des trois charges retenues contre Amina ont été abandonnées par le tribunal de première instance de Tunis, mais le procureur de la république a fait appel.

jeudi 30 mai 2013

extension du domaine de la lutte


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© photo biorussia fb ; titre de Michel Houellebecq.



lundi 15 avril 2013

Amina is free.

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Femen France annonce la bonne nouvelle ce lundi à 9h49 :

Amina s'est enfuie de chez elle! Elle nous a contacté et nous a raconté son histoire. La vidéo de la conversation que nous avons eu avec elle sera publiée dans quelques heures.

Amina ran away !

Attention! There is information to Everyone who participates in the campaign "Free Amina ", everyone who is supporting and helping: Amina was able to escape from family and take shelter in a safe place! She contacted us and confessed terrible and painful story of her kidnapping and of her home arrest against her will. Video conversation with Amina will be published within a few hours. FEMEN greets all with small victory. FREE AMINA! Please help to spread this information! Your FEMEN.

© Femen France fb, clic > https://www.facebook.com/photo.php?...

jeudi 28 mars 2013

Amina retrouvée, Amina étouffée.

J’ai retrouvé Amina, la Femen tunisienne.

Une enquête de Martine GOZLAN
pour Marianne, le mercredi 27 Mars 2013.

Son regard de défi et sa poitrine dévoilée sur laquelle elle avait tagué « Mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne » ont semé l’admiration et la colère. Le courage d’Amina Tyler, première Femen de Tunisie, n’a d’égale que la tragédie qui l’entoure. Elle avait disparu, enlevée par sa famille, après avoir été hébergée par des amis. J’ai pu la rencontrer, quelque part dans le pays profond, loin de la capitale, avec l’accord de sa mère qui n’a autorisé aucune photo.

Aujourd’hui, la jeune fille n’est pas libre de ses mouvements et de ses contacts, bien que majeure. La famille plaide sa « fragilité psychologique » pour la couper du monde. On lui donne beaucoup de médicaments. Des antidépresseurs à haute dose. C’est aussi, curieusement, la thèse de certaines féministes tunisiennes. Le cas Amina sent d’évidence le soufre pour la génération précédente. J’ai trouvé une jeune fille lasse, à la fois engourdie par un traitement médical et ferme sur sa volonté de retrouver sa liberté d’action. Nous n’avons pas pu parler seule à seule, sa mère tenant à garder « par amour » le contrôle de sa fille. Récit.

« Je veux pouvoir revenir à la vie normale, je veux pouvoir téléphoner, me connecter à Internet et retourner au lycée… »

Amina parle d’une voix faible, épuisée. Cette voix contraste avec les voix fortes, éclatantes, parfois assourdissantes qui fusent autour de nous, dans le salon d’une maison familiale, loin de Tunis, dans une ville que je ne nomme pas, par sécurité car le geste d’Amina, la premiere Femen de Tunisie, la seconde du monde arabe après l’Egyptienne Aliaa al-Maghdy, a entrainé des menaces de mort des salafistes. Le dévoilement d’un sein qui symbolise en France, depuis deux siècles, le fier élan de la belle Marianne républicaine pulvérise ici le tabou suprême sur le corps des femmes.

Depuis plusieurs jours, nous ne disposions que de rumeurs à propos d’Amina. Personne ne pouvait plus la joindre depuis que sa famille l’avait enlevée, en plein jour, devant un café de l’avenue Habib Bourguiba. Voici trois jours, son avocate Bochra Belhadj Hmidi, a fait savoir à l’Agence France Presse qu’Amina allait bien et se trouvait de son plein gré dans sa famille.

Cette façon d’aller bien au cœur d’un silence de plomb ne m’a pas convaincue, pas plus que Caroline Fourest qui, saisie du même pressentiment logique, a titré sur son blog du Huffington Post « Non, tout ne va pas bien ». La réalisatrice Nadia el Fani, elle, a affiché dimanche, buste nu, et bras tatoué d’un « Pour Amina » sa solidarité sur Facebook.

Depuis mon arrivée à Tunis, je vais d’une info contradictoire à l’autre. Le seul relais semble être Bochra l’avocate. Son message : « Il faut la laisser tranquille, elle est en sécurité avec sa famille, elle se repose. »

Je contacte Ahlem Belhadj, psychiatre, et présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates. Elle appuie cette thèse et affirme qu’Amina est revenue dans sa famille de son plein gré. Très énervée par l’affaire, elle tient à souligner « la position officielle de l’association » : « Le geste d’Amina, ce n’est pas une méthode de lutte qu’on a l’habitude d’employer mais on a le respect des personnes et nous sommes solidaires contre toutes les formes de violence qu’elles peuvent subir. Et je ne dirai pas un mot de plus sur cette histoire… » J’apprendrai plus tard qu’Ahlem Belhadj fait partie des médecins qui « suivent » Amina. Elle ne l’a cependant pas revue depuis son enlèvement : « je n’ai jamais été au courant de cet enlèvement »…

Je rencontre ensuite Zyed. C’est le jeune photographe qui a réalisé les photos d’Amina seins nus. Lui aussi est menacé de mort, pas seulement depuis le scandale. Les salafistes lui ont cassé les côtes, il y a quelques mois. Il ne marche plus qu’un énorme sac sur son dos : « Au cas où on voudrait lui tirer dessus par derrière comme on a tué Chokri Belaid… » explique Soraya, une de ses amies. Zyed est un rebelle. Il a aussi réalisé des photos de femme en burka. Sa Tunisie a 20 ans et ne veut pas de l’étouffement. Sa Tunisie a cru à la liberté conquise et s’est retrouvée otage de ceux qui l’ont volée. Zyed a hébergé la jeune fille après que les menaces de mort et les appels à la lapidation des salafistes aient fusé. Il est révolté par la violence qui s’est exercée contre elle quand on l’a enlevée.

J’appelle la mère d’Amina au téléphone. « Amina est calme, elle dort, son psychiatre dit qu’il faut l’éloigner de tout ce qui peut l’énerver, la déranger ». La mère parle d’Amina comme d’un nourrisson : « Elle dort sur mes genoux, elle ne veut pas me quitter une minute ». Elle me passe sa fille qui me répond brièvement et me confirme qu’elle accepte de me voir.

La description donnée par sa mère, la voix sourde d’Amina contrastent de façon saisissante avec la fierté de la photo aux seins nus, le regard de défi et le discours remarquablement structuré de son interview sur la chaine Attounisia. Elle parlait de la culture qui forge la liberté, elle rappelait qu’acheter un livre de Nietzsche ne coûtait que quelques dinars.

Après une longue route dans une Tunisie profonde, esseulée, à travers des départementales jalonnées de centaines de bidons d’essence trafiquée en provenance de Libye, j’arrive dans un quartier typique de la classe moyenne. Deux oncles, une tante, la mère enfin, qui porte le hijab, m’ouvrent la porte. Immédiatement, ils se présentent par leur profession et précisent : « Nous sommes des gens éduqués : institutrice, professeur d’histoire, ingénieur, nous avons des diplômes… »

On veut me faire comprendre que ce n’est pas une histoire d’illettrés. Je le sais bien depuis hier et les réactions ambigües des féministes : le geste d’Amina a eu le génie de débusquer les bloquages terribles des conservateurs comme de ceux qui se disent émancipés.

Où est Amina ? La voici, elle les domine de sa haute taille, son visage est fatigué, elle ne sourit pas. Tout le monde parle, elle se tait. Un jean, un polo, pas de maquillage. La famille est volubile. Il faut interroger doucement Amina pour que sa voix émerge du vacarme et des paroles qui semblent se substituer à la sienne avec un amour que sa famille ne cesse de scander : « Elle n’a pas disparu ! Elle est chez nous ! Comment sa propre famille pourrait-elle lui faire du mal, crie la tante, la famille ! Il n’y a pas mieux que la famille ! »

La mère manifeste à la fois sa hantise du dehors « pour les filles bien qu’il faut garder à la maison, loin des influences extérieures, j’ai peur… » et son rêve de l’ambition car nous sommes en Tunisie, au cœur de paradoxes féminins vertigineux : « Je veux que ma fille devienne avocate ou journaliste comme vous ! Je veux qu’elle ait son propre argent plus tard ! »

L’oncle résume le tourment majeur des hommes de cette famille et des femmes qui les suivent, qui se pressent dans ce salon où des éclats de rire, une distribution d’orangeade et de gateaux, une offrande de dragées et de fleurs d’un mariage tentent de tisser une atmosphère normale : « On ne veut pas qu’elle soit un corps. Notre famille appartient au monde arabe ! Notre famille refuse qu’elle se déshabille ! Chez nous, c’est l’esprit qui s’impose, ce n’est pas le corps ! »

Rien n’est normal, je suis assise au cœur du tumulte familial et du silence de l’individu Amina. J’interviens, je vais au delà de la réception passive des phrases, je leur dis que pour des dizaines de milliers de gens, l’acte d’Amina c’est un acte libre, d’esprit libre.

Au moins, elle entend cela, la silencieuse.

Elle entend très bien, elle me questionne sur le 4 avril:

« C’est quoi exactement ? »

« Une journée de solidarité. Il y a 100 mille personnes qui ont signé la pétition pour toi ».

La mère intervient à nouveau :

« Je veux protéger ma fille alors que chacun veut exploiter ses gestes. Loin de sa famille, elle est menacée. Par la drogue, par les influences, par les salafistes, par tout le monde. »

Un autre oncle parle :

« Elle est soignée pour des problèmes psychologiques, elle n’est pas responsable de ses actes, elle a fait ça sur pression, elle est influençable comme une enfant. »

Il la serre contre lui :

« Donne-moi un bisou ! »

Cette conversation est difficilement supportable. Que se passe-t-il en ce moment dans la tête et le cœur d’une jeune fille cernée par des proclamations d’amour protecteur et d’infantilisation ? Que se passe-t-il quand on devient un objet après avoir été l’auteur d’un acte qui clame la volonté féminine de devenir sujet ?

Parle moi, Amina. Sors de leur tumulte.

« Tu te sens bien, mal ? »

Sa voix lasse, mais précise :

« Non, je ne peux pas communiquer avec l’extérieur. Ma famille m’accepte, moi, mais pas mon acte. Je suis fatiguée, on me donne des anti-dépresseurs. Je veux dire aux Femen bon courage. Restez toujours les plus fortes féministes du monde. Pour moi, la réaction de la société n’est pas encourageante.Je veux reprendre mes études, je ne me sens pas libre. Je souhaite pouvoir retéléphoner librement à mes amis. Me connecter à Internet. Retourner au lycée ».

Les voix montent à nouveau.

« Pouvons-nous parler un moment tranquillement, Amina et moi ? »

Ils se lèvent tous. Sauf la mère. Elle ne veut pas nous laisser un seul instant.

« Tu as été enlevée, tu le confirmes ? »

« Quand ils m’ont trouvée, je n’ai pas eu de problème avec ma mère ni ensuite avec mon père. Mais mon cousin, lui, m’a frappée devant le café pour m’emmener. Il a cassé la puce de mon téléphone… »

La mère intervient :

« Je verrai ma fille aller en enfer et je ne ferai rien ? Le cousin a voulu m’aider ! Ne parle pas de lui ! »

Amina poursuit calmement :

« Si, je veux parler de lui. Nous sommes allés ensuite dans la maison de ma tante et là, j’ai été obligée de me servir d’une bombe à gaz, comme on en utilise dans les agressions, pour me protéger du cousin. Enfin, mon père est arrivé. Il m’a embrassée. Et je suis restée trois jours dans une autre maison. J’avais besoin de téléphoner, d’informer Inna, j’ai fait beaucoup de choses pour contacter Inna. » (Inna est la militante des Femen ukrainienne, l’une des fondatrices du groupe)

Amina continue. Elle répète :

« Je veux revenir à la vie normale. Je veux étudier, téléphoner, me connecter à Internet. »

Je me tourne vers sa mère :

« Alors ? Pourquoi lui avez-vous enlevé tout moyen de communiquer ? Elle est majeure ! »

« Mais c’est mon enfant ! Elle a besoin de calme, de réfléchir. Dans un mois ou deux, je lui rendrai son téléphone et internet. »

Nouvelle intervention de l’un des deux oncles :

« Nous considérons que son geste a été obtenu sous la contrainte, qu’elle est irresponsable. Nous allons attaquer en justice ceux qui l’ont amenée à ce geste. Le retour au lycée, ce sera après l’avis des médecins psychiatres. »

Je regarde la jeune fille :

« Amina, tu as mis la photo parce que tu as subi une influence comme le dit ta famille ? »

Elle répond de sa voix faible mais claire :

« Non. »

Ce « Non ,» je l’emporte avec moi, avec le sourire, l’unique sourire d’Amina quand je lui ai dit en guise d’au revoir que tant de monde admirait son courage. Elle a même ri sur le pas de la porte avec une très vieille dame, la grand-mère d’un des oncles, qui s’amusait à se cacher un œil avec son voile noir.

L’air libre a envahi la voiture en reprenant la route de Tunis. Ce n’était pas une délivrance. Plutôt une asphyxie. Je sentais en moi étouffer Amina.

© Martine Gozlan
sur http://m.marianne.net/J-ai-retrouve...
via http://freeamina.blogspot.fr
via https://www.facebook.com/media/set/...

mardi 19 mars 2013

un téton, un péché


Les monstres anti-femmes poursuivent leurs méfaits en Tunisie...

Adel Almi : ''La jeune fille aux seins nus mérite la lapidation à mort''.

publié le 19/03/2013 par N. J.


Adel Almi : ''La jeune fille aux seins nus mérite la lapidation à mort''

La publication des photos de la jeune Amina aux seins nus a déclenché une vague de controverses. Adel Almi, président de l’Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme s’est prononcé sur l’affaire et a affirmé que la jeune fille mérite la lapidation à mort.

Adel Almi : ''La jeune fille aux seins nus mérite la lapidation à mort''

« Les médias devraient faire le tri avant de diffuser un contenu qui inspire l’aversion et le dégoût » a déclaré Adel Almi en soulignant que la jeune fille aux seins nus devrait subir un test de dépistage de drogue et un examen psychiatrique. Le président de l’Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme a ajouté, à ce propos, que toute personne se veut différente mais « Amina a voulu se distinguer et attirer l’attention en posant nue. Ce qui traduit que la jeune fille n’a plus rien à perdre et ne peut être consciente de la sacralité de la femme ».  

Adel Almi a précisé que « ces agissements doivent être réprimés pour éviter d’éventuelles catastrophes » tout en ajoutant « qu’Amina doit être flagellée une centaine de fois sachant que, vu l’ampleur de son péché, la jeune fille mérite la lapidation à mort », rapporte Assabah News.

http://www.tuniscope.com/index.php/article/22871/actualites/societe/lapidation-a-mort-473409#.UUjb-6Wtggv

COMMUNIQUE DE FEMEN FRANCE

"Les islamistes tunisiens radicaux, représentés par Imam Adel Almi, souhaitent la mort par lapidation d'une jeune Tunisienne qui avait pris une photo d'elle-même nue et l'avait postée sur Facebook pour soutenir le mouvement Femen. Le 26 février, la Tunisienne Amina Tyle a envoyé un email à Femen avec une photo d'elle-même. Son corps dénudé portait l'inscription "Fuck your morals". L'image a été partagée sur différentes fan-Pages de Femen. Par la suite, Amina a créé sa propre Page de soutien, Femen Tunisia. Aujourd'hui, les menaces de mort prononcées à l'encontre d'Amina ont été relayées par les médias. L'appel à la peine de mort a été lancé par le leader du "Centrist Association for Awareness and Reform". Après avoir reçu ces informations, les activistes de Femen ont essayé de contacter la jeune Tunisienne mais sans succès. Son téléphone est éteint. Nous nous inquiétons pour sa vie. Femen dénonce l'islamisation radicale et la destruction des idéaux du Printemps Arabe. Les femmes et leur courage ne céderont jamais face aux monstres barbus !"

https://www.facebook.com/francefemen?ref=ts&fref=ts

lundi 11 mars 2013

la papesse Jeanne

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La papesse Jeanne est un personnage légendaire qui, au IXe siècle, aurait accédé à la papauté en dissimulant son sexe féminin.

Son pontificat est généralement placé entre 855 et 858, c'est-à-dire entre celui de Léon IV et Benoît III, au moment de l'usurpation d'Anastase le Bibliothécaire.

L'imposture aurait été révélée quand elle aurait accouché en public lors d'une procession de la Fête-Dieu.

Un rite, tout aussi légendaire, aurait été instauré par l'Église catholique pour éviter que cette mésaventure ne se reproduise : lors de l'avènement d'un nouveau pape, un diacre serait chargé de vérifier manuellement, au travers d’une chaise percée, la présence des testicules, et s'exclamerait « Duos habet et bene pendentes », Il en a deux, et bien pendantes, ce à quoi le chœur des cardinaux répondrait : « Deo gratias », Rendons grâce à Dieu.

© photo artesanum, fb ; suite de l'histoire de Jeanne... clic > http://fr.wikipedia.org/wiki/Papess...

samedi 9 mars 2013

début de l'année de la femme est un homme comme un autre mais on se parle davantage

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© photo Karine Dron

Bye, les femmes. A l'an prochain. Patience.

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© photo d'Indomita e Ribelle

mercredi 6 mars 2013

débats, des battus, des bas tuent, des bâts

Docteur Valentin Duchmoll Bravo, les Femen, le documentaire d'hier soir était souvent très émouvant, m'a appris beaucoup sur votre mouvement, et montré davantage votre courage, particulièrement lors de l'action biélorusse et l'action antihomophobes à Paris. 
  • Mariane Abou Bravo pour le reportage d'hier soir, c’était clair, net et précis. Malheureusement, comme je m'en doutais, les esprits moyenâgeux ont encore de beaux jours devant eux, y a qu'a voir le nombres d'hommes et de femmes qui tiennent des propos plus sexistes que n'importe quel mollah ici! Quand je lis qu'elles ont bien cherchés les coups, que c'est tout ce qu'elles méritent, que ce ne sont que des prostituées et autres joyeusetés, y a pas a dire, les femmes sont vraiment encore et toujours les "accusées", même quand on assiste a leur lynchage, même quand elles risquent leurs vies, même quand elles risquent d’être violées dans un bois, même quand on leur pète des dents, non c'est normal, pour ses misogynes! Vous n'aurez jamais le quart de couilles qu'elles ont, elles! A ceux qui s'offusquent parce qu'on a vu leurs seins dans notre dame, ça vous dérange pas de voir des nibards matraqués dans des publicités jour et nuit pour alimenter vos petits fantasmes, mais quand il s'agit d'une cause juste, la c'est du blasphème évidemment! Tant que des propos pareils existeront, tant que VOUS ne comprendrez pas que la moitié de l'humanité n'est pas venu au monde pour vous servir, vous torcher et écarter les jambes a votre bon vouloir, elles continueront de provoquer et de choquer, car c'est le seul moyen pour faire bouger le monde.
  • Maria Fonzino Vu! Très beau documentaire! Allez-y les filles!
  • Docteur Valentin Duchmoll Ce qui m'a une fois de plus effaré dans ce documentaire, c'est la haine de tous ces petits-hommes, au sens de Wilhelm Reich, haine prompte à se déchaîner, et l'extrême violence avec laquelle elle se manifeste dans les tabassages et même arrosages à l'essence !! Ceci, je l'ai appris là, et cela m'a sidéré. Les seins nus sur les yachts des millardaires, pas de problème. Mais les seins nus pour défendre les prolétaires, c'est le blème. Vive le courage des Femen, ces magnifiques fleurs qui piquent ! 
  • Robert Lacaille On attend toujours la prise d’assaut d’une mosquée les seins nus en pleine prière, on attend…
    On perd patience même...
  • Laurent Setti @ Robert et a tout les autres qui posent cette question : tu peux toujours attendre car la réponse à ta question et dite dans le Doc de hier et pourquoi Elles ne le feront jamais. Elles le fond déjà devant les Ambassades des pays concernés (ceux que j'Approuve) ♥♥♥
  • Docteur Valentin Duchmoll Encore un nouveau méfait du patriarcat cupide des politiciens et des actionnaires http://www.change.org/petitions/touche-pas-à-ma-forêt-non-à-la-destruction-du-morvan#
    www.change.org
    Le Bois du Tronçay est un cas symptomatique et symbolique de ce qui se prépare en France et en Europe. La sauvegarde de ce site doit être la première...
  • Katro Vantayhun Docteur Valentin Duchmoll: je ne vois pas ce que vient faire le "patriarcat" dans ton affaire de forêt?
  • Chloe Delange Bravo pour votre reportage. Je n'en ai pas dormi de la nuit. Nous sommes vraiment et encore au moyen-âge. Morts aux machos et aux cons !
  • Valerie La Mue eh ! Monsieur je sais tout, Jean-Marie Damel, vous ne nous avez pas encore parlé d'un complot judéo franc maçonnique qui manipulerait ce nouveau mouvement féministe...vous m'étonnez !
  • Docteur Valentin Duchmoll La proposition récurrente "on attend toujours la prise d’assaut d’une mosquée les seins nus en pleine prière" révèle ces présupposés implicites :

    1/ certains pratiquants de certaines religions d'amour sont encore plus haineux et violents que d'autres ;

    2/ frapper des plus faibles, au comportement différent quelque part, est recommandable. (On imagine les techniques d'éducation des énonciateurs.)

    3/ le divin qui créa ces seins (divins) s'offusque désormais de les voir dans ses cabines d'appel longue distance (églises, mosquées, temples...).

    Ma foi, si je puis dire, puisque ceux qui croient en Dieu croient généralement au Diable, ne devrait-on pas les exorciser pour sauver leur âme des enfers éternels de haines cuites et recuites qui les attendent ? 

    Le bon Dieu, Allah, Yavhé, Bouddha, Toutenkhamon, Zeus et Zésus adore l'humour absurde, comme on peut le découvrir tous les jours, mais déteste qu'on frappe les femmes, même avec des fleurs, remember Marie-Madeleine.
  • Valerie La Mue Docteur Valentin Duchmoll, comme vous me faites plaisir ! moi qui me sens si affligée et triste de lire tant de commentaires haineux violents et sexistes...ENFIN un peu de bon sens et bien argumenté, et en plus vous êtes drole ! que du bonus, c'est réconfortant.
  • Maud Schmitt Bravo les filles ! Bon courage, tenez bon, heureusement qu'il existe un mouvement comme le vôtre pour montrer que les droits des femmes ne sont toujours pas acquis... La nudité, c'est la liberté !!!!
  • Docteur Valentin Duchmoll Je viens de lire sur le post infra un fait-divers qui illustre tragiquement ces "techniques d'éducation" de certains prosélytes de l'amour... Pas tous, heureusement ! Courage mon cul, ma tête avance.

    Posté par Babiron Kamizorihttp://www.leparisien.fr/faits-divers/yvelines-un-petit-garcon-martyrise-sous-pretexte-d-exorcisme-06-03-2013-2620903.php
    www.leparisien.fr
    La tante et le beau-père d'un petit garçon de 8 ans ont été mis en examen par un juge d'instruction de Versailles (Yvelines) pour «violences avec...

Samedi soir, c'est la fête des fleurs qui piquent.

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